Résumé
Selon les recherches les plus récentes, l’administration de médicaments contre le VIH dans les 72 heures suivant une possible exposition peut contribuer à prévenir la contamination. C’est ce qu’on appelle la prophylaxie post-exposition ou PPE. La période de 72 heures suivant immédiatement un risque d’exposition est donc importante pour la prévention. Comme le VIH se transmet la plupart du temps par voie sexuelle au Canada, il est urgent de mettre en place un programme de PPE en s’appuyant sur les données disponibles à cet effet. Ainsi, les derniers rapports de surveillance du VIH publiés par l’Agence de la santé publique du Canada révèlent que les contacts sexuels sont à l’origine de 81,9 % des cas de transmission entre hommes au pays.

\ Il faut toutefois savoir que le programme de PPE pour le VIH n’est actuellement accessible que dans les services d’urgence en Ontario, ce qui ne manque pas de dissuader de nombreux utilisateurs potentiels. En effet, les recherches disponibles indiquent que plusieurs renoncent à cette forme de prévention parce qu’ils veulent éviter les longues heures d’attente et ne se sentent pas à l’aise de parler de leur vie sexuelle avec le personnel des urgences.

Nous avons donc proposé un projet-pilote d’une durée de 12 mois visant à évaluer la possibilité d’offrir la PPE dans des cliniques communautaires de santé-sexualité. Cette plus grande facilité d’accès devrait permettre à davantage d’homosexuels, de bisexuels et d’autres hommes ayant eu des relations sexuelles avec un homme de se prévaloir en temps opportun du programme de PPE. Pour évaluer le projet-pilote, on procédera à l’analyse des données cliniques au sujet des participants ainsi qu’à des entrevues de suivi.

Le plan de diffusion du projet-pilote proposé s’inspirera du travail des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) et du modèle établi par Kelly et ses collaborateurs pour une utilisation efficace dans la pratique des connaissances sur le VIH/sida. Voici donc les mesures qui seront prises.

  1. Premièrement, les discussions tenues seront résumées dans un document dont des exemplaires imprimés et reliés seront envoyés aux participations à la réunion ainsi qu’aux services de santé, aux centres de santé-sexualité et aux cliniques de traitement du VIH d’Ottawa, de Toronto et de London, notamment. De plus, le document pourra être téléchargé sans frais à partir du site de la bibliothèque de l’Université d’Ottawa (Site Web), ce qui permettra à tous les Canadiens d’y avoir accès. 

  2. Deuxièmement, des exposés seront présentés aux travailleurs de première ligne dispensant des soins pour le VIH/sida à Ottawa, de telle sorte qu’ils soient bien au fait de cette nouvelle ressource pouvant leur servir quotidiennement dans le cadre de leur travail.

  3. Troisièmement, les proposants vont présenter les résultats de la réunion aux agences gouvernementales concernées (services de santé d’Ottawa, de Toronto, etc., et organisations nationales basées à Ottawa comme l’ASPC) de même qu’au congrès annuel du Réseau ontarien de traitement du VIH. Toutes ces mesures nous permettront de faire en sorte que notre travail soit connu du plus grand nombre.